Louis BOYER – Artiste peintre palmiplainois

Louis BOYER expose à l’Espace Culturel du 4 au 10 mars. Nous vous proposons de mieux le connaitre au travers de ses mots :

Mon « Kisamilé » (Mon histoire)

 

Sur le sentier de ma vie, plus j’avance et moins je retiens les évènements qui ont fait ce que je suis, là…

Il me faut un instant m’arrêter, faire pause. Comme ce temps entre la fin de la nuit et le lever du jour  (Le Bard-Zour) ou entre la fin du jour et le début de la nuit (Le Ti-Brine)…

Ce bref moment pour dire qu’après 20 ans de direction de l’ATELIER LOUIS comme professeur à Saint-Denis, de multiple expos à travers l’Ile, une exposition à Paris dans la « ville des peintres »  à Auvers sur Oise, après avoir vu mes œuvres partir en Australie et au Canada, je choisi de prolonger ce « Bard-Zour » ou ce « Ti-Brine ».

Cette pause en hommage à mes grand- parents et parents agriculteurs, de me souvenir d’eux…

Je me revois à 4 ans suivre mon père et sa « bertel » avec ma petite bêche sur mon épaule… et mon père de dire : « Alé la Kaz » (va à la maison) et mes premiers pleurs.

Ou le souvenir de grand-père qui construisait une « Kaz an pay » (Paillotte) me demandant de venir et de regarder « Lo dernyé kaz komsa » (dernière construction de ce type).

Ou encore de mes aventures dans les ruisseaux et rivière de Sainte-Suzanne  à pêcher les anguilles, cabots et autres camarons.

Mais par-dessus tout, je veux témoigner de ce qui est aussi important pour les Créoles, que la varangue ou le salon, ce lieu de vie qui est la « Kizine fé d’bwa » (Cuisine au feu de bois) .

Cet endroit où les joies, les réussites ou les peines se discutent, s’entretiennent ou s’atténuent doucement, un peu comme le feu qui s’apaise et devient braise après la cuisson du repas.

Ce lieu de vie, je dirais même cette époque est au cœur des Réunionnais comme un désir ardent, une blessure brûlante, un choix entre modernité et « Lontan » (la vie d’avant) qui éclate en cayambre (instrument de musique) comme le bruit des saucisses en train de frire dans la marmite.

 

Louis Georget BOYER